Enquête_11

Posté par enquetevic le 2 décembre 2009

Ils retournent au commissariat lire les premiers rapports des policiers qui ont interrogé les voisins. Tom en profite pour enfin manger. La matinée n’a pas suffi pour les enquêteurs à la recherche d’un témoin. Vu le quartier, ils n’ont trouvé personne pour parler. Heureusement que les patrouilles avaient ordre, depuis le début de la canicule, de réveiller les clochards endormis ou de ramasser les cadavres déshydratés. C’est ainsi qu’ils ont découvert Carrie. 

Jusqu’ici, tout cela ne pèse pas lourd.

    Malgré tout, ils arrivent à reconstituer les derniers jours de la vie de Carrie. Par chance, elle n’habitait pas loin du coin où on l’a déposée. Ils apprennent qu’elle a loué une chambre dans un hôtel minable et qu’elle a trouvé très vite un emploi de strip-teaseuse. Emploi qu’elle n’a pas eu le temps d’honorer : elle est morte le soir après sa première. Ils vont voir la chambre de Carrie, sans se faire d’illusion.


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Enquête_12

Posté par enquetevic le 2 décembre 2009

Dans la chambre, il n’y a pas grand’chose. Elle n’a pas défait ses bagages. Toutefois, dans la salle de bains, coincée contre le miroir, Tom décroche la carte de visite de Mr Robertson. Il la montre à Val qui fouille la chambre. Ils sentent bien qu’ils perdent leur temps. Ils récupèrent le carnet d’adresses de Carrie, qui va permettre de contacter ses parents et d’aller voir ses amis. Après avoir interrogé l’hôtelier qui a tout oublié ou qui ne veut pas se souvenir, ils vont voir le patron de Carrie. Cet homme n’a rien à cacher : pas de trafic dans sa boite, pas de commerce entre les filles et les clients. Seul le prix de son whisky est suspect ! Ils savent qu’il leur ment mais ils ne sont pas là pour ça. Il leur explique qu’il la connaissait déjà, c’est pour ça qu’il l’a engagée tout de suite. Son numéro consistait surtout à faire apparaître graduellement son tatouage. Une bonne occasion pour montrer la marchandise et rameuter d’éventuels acheteurs. Quelques clients avaient essayé de l’approcher, sans succès. Leur description permettrait peut-être de les attraper pour interrogatoire.

Ils rentrent une dernière fois au commissariat. Pour une première journée d’enquête, ils ont bien avancé. Il est tard, ils décident d’en rester là et après avoir tapé leur rapport, ils se quittent en se promettant d’attaquer les collectionneurs le lendemain.


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Enquête_13

Posté par enquetevic le 2 décembre 2009

Cette enquête n’avait pas été plus difficile qu’une autre, à part, peut-être la chaleur. De la patience, de l’obstination et un peu de chance leur avaient suffi pour résoudre l’affaire. Toutefois le milieu dans lequel ils avaient dû plonger, était suffisamment bizarre pour qu’ils s’en souviennent. Cette atmosphère de dingue qui régnait parmi tous ces collectionneurs avait même réussi à faire hausser un sourcil d’étonnement chez Val, elle d’habitude si indifférente à tout ce qui ne concernait pas sa carrière.

        Les gens qu’ils avaient rencontrés ne s’intéressaient qu’à l’Art, à ces morceaux de peau tatouée. Ils y portaient un tel attachement, c’était plus qu’une simple obsession, sans que l’argent ou quoi que ce soit de réel n’entre en compte et sûrement pas une vie humaine. Carrie n’était qu’un support. Tous auraient pu la tuer : tous, quand ils apprenaient qu’un tatouage de Vic était en circulation, basculaient dans la folie. Le fait qu’une femme ait été tuée leur échappait totalement. Certes, certains déploraient cette mort mais pour une raison matérielle : l’œuvre risquait d’avoir souffert, et tout au moins aurait certainement perdu de son éclat. En effet, malgré l’efficacité des traitements ou à cause même de ceux-ci, la qualité des couleurs demeurait quasiment impossible à préserver. Cela, ils l’avaient entendu chez une majorité des collectionneurs. 

        Fallait-il pour autant les éliminer des suspects ? Et les autres ? La lueur de convoitise née dans leur regard suffisait-elle pour les soupçonner voire les inculper ? Val et Tom se doutaient bien que l’heureux propriétaire d’une partie du dos de Carrie n’allait pas s’en vanter. Il se pouvait que cet homme soit étranger et dans ce cas-là, le tatouage n’était plus depuis longtemps sur le territoire américain. Le marché de la peau humaine était international. Ils ne pouvaient qu’espérer que leur proie se trouve parmi les dingues qu’ils interrogeaient. Ils procédaient selon la méthode habituelle : description de l’emploi du temps des jours précédents et vérification des alibis.

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Enquête_14

Posté par enquetevic le 2 décembre 2009

- Quelle bande de barjots !
- Pour une fois, je suis d’accord avec toi.

        Ils viennent de quitter l’avant-dernier client de Mr Robertson. Celui-là était particulièrement gratiné. Il les avait obligés à admirer toute sa collection. Ils avaient donc regardé ces peaux tendues et placées sous verre. A un moment, Tom avait cru que Val allait vomir. La collection remplissait deux grandes pièces. Malgré le système d’aération, l’odeur était insupportable et la vision de ces morceaux de peau, certains fanés, d’autres éclatant de couleurs provoquait la nausée . Ceux que Vic avait exécutés, il était le seul à en posséder deux, étaient conservés à l’écart, dans une espèce de chambre forte.

        L’un représentait un aigle en train de planer. Son ancien propriétaire arrivait à simuler le mouvement des ailes avec ses omoplates. Mr Styx, l’actuel propriétaire, avait bien pensé à inventer une machine capable de reproduire les mêmes mouvements mais la peau n’aurait pas tenu.  « Vous comprenez, c’est le principal défaut du traitement : il sèche et durcit la peau. On peut juste la tendre et l’entreposer dans un environnement sec. Ce n’est pas du tout comme le cuir qui peut devenir souple… » Il s’échauffait pendant qu’il parlait et son corps tremblait d’excitation. « Mais au moins, l’Œuvre ( il agite son index devant le visage de Val), l’Œuvre, Mademoiselle, n’est pas perdue à jamais ni mangé par les vers et la pourriture ! »

C’en était trop pour les deux policiers, ils étaient sortis prendre l’air.
- Ce type, on peut le mettre en premier sur la liste des suspects.
- Ouais.

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Enquête_15

Posté par enquetevic le 2 décembre 2009

Les autres collectionneurs avaient refusé de montrer aux policiers leur collection. Val et Tom auraient pu les menacer d’un mandat mais il était encore trop tôt. Ils s’étaient contentés de relever leur emploi du temps et demander la liste des témoins pour confirmer leur alibi. Il ne leur restait qu’une personne à voir. Mr Robertson les avait averti que le professeur Dickey n’était pas exactement un collectionneur mais plutôt un interlocuteur privilégié puisqu’il était en quelque sorte un spécialiste des tatouages. C’est donc cet homme qui leur ouvre la porte. Après vérification, il ne leur ouvrait pas la porte : il raccompagnait un individu qui n’aurait pas dépareillé dans un commissariat, dans la cellule plus exactement. Le suspect se tourne vers eux :

- Bonjour, vous venez pour …
- Police, nous vous avons téléphoné.
- Ah oui, entrez….

Ils le suivent jusqu’à un salon. L’endroit contraste brutalement avec celui qu’ils viennent de quitter : c’est un intérieur bourgeois tout ce qu’il y a de plus ordinaire et l’homme qui y vit ressemble à un professeur à la retraite, ce qu’il est probablement. Lorsqu’ils lui demandent où se trouve sa collection, il leur montre des classeurs rangés dans une bibliothèque vitrée.

- Je ne possède aucun tatouage à proprement parlé mais il y a dans ces classeurs des photographies de chacun d’eux, un millier environ, classés par auteur.
- L’homme qui sortait de chez vous venait pour se faire photographier ?
- Non, non … Voilà,… j’aime beaucoup regarder vivre les tatouages et… il m’arrive de … payer les gens tatoués pour qu’ils me montrent leurs dessins… Et puis, ça leur rapporte un peu d’argent.

Tout en s’expliquant, le Professeur Dickey a l’air de s’excuser d’avoir une occupation aussi coupable. Sa façon de parler est agaçante mais on parvient à le suivre si on se met à son rythme. Il leur indique le canapé et ils s’assoient. Le Professeur Dickey continue en avouant avoir un faible pour les œuvres de Vic :

- Elle en a peint huit remarquables et quelques autres moins intéressants. Voulez-vous les voir ?
- Oui, s’il vous plait.

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Enquête_16

Posté par enquetevic le 2 décembre 2009

Aussitôt il se lève et saisit sur une étagère un classeur qu’il feuillette.

- Tenez, ils sont tous là.

Il leur tend le classeur ouvert, Tom s’en empare. Le Professeur Dickey continue son exposé :

- Vous savez, Vic ne peint pas ces horreurs si communes : dragons, aigles, poignards, pictogrammes etc… Non, ses sujets sont plus fins, son talent tellement plus grand. Son travail appartient véritablement à l’Art. Elle a un savoir-faire, un don pour mêler la chair au dessin. Je me souviens d’une rose située tout près de la pointe extrême du sein d’une jeune femme….
Il s’interrompt, rougit en se rappelant la présence de Val.

- Excusez-moi. Euh … Vic a si bien rendu le velouté des pétales, elle a ajouté quelques gouttes de rosée qui s’écoulent sur la peau… C’est magnifique !

Il finit par se taire, soudain conscient de l’ambiguïté de son enthousiasme.

- Oui ?

Val sourit tout en l’encourageant à continuer, Tom est plongé dans l’album de photos.

- Le, l’ami de la jeune femme préfère, euh, apprécie beaucoup la beauté de , de ce dessin.
- Ouaaaah ! Comme je le comprends !

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Enquête_17

Posté par enquetevic le 2 décembre 2009

Tom vient de trouver le tatouage en question, il le montre à Val. Celle-ci préfère revenir à leur principale préoccupation.
- Est-ce que Vic a des endroits du corps préférés ? Le dos, par exemple ?
- Non, non. Vous savez, le dos est surtout la partie du corps humain qui offre le plus de surface à l’artiste. Au contraire, Vic pense que c’est dommage que le tatoué ne puisse pas voir ce qu’il va porter toute sa vie.
- Est-ce qu’elle peint surtout sur des femmes ?
- Oh, non. Je me rappelle, un homme sur le dos duquel elle a peint un dragon…C’est… flamboyant ! L’animal est souple, tout en courbes, ondulant sous l’effet de la respiration. Elle l’a fait sur la poitrine du tatoué. Superbe ! Rien à voir avec ces horreurs que les jeunes gens asiatiques affichent en signe de reconnaissance.

Tom lève enfin le nez du classeur, le donne à Val et reprend l’interrogatoire.

- Quelle taille ont habituellement les tatouages de Vic ?
- Hé bien, toutes les tailles. Je veux dire que Vic s’adapte à la peau de la personne et à son désir. Tenez, ce tatouage, (il montre celui que Val regarde ), on dirait une vraie pièce de un dollar, n’est-ce pas ? Vous voyez, cet homme disait que le côté face lui avait toujours porté bonheur. C’est pour ça que Vic lui a tatoué cette pièce au creux de la main .
- Vous savez pourquoi elle a décidé d’arrêter les tatouages ?
- Je crois qu’elle est définitivement faite pour la peinture. Le tatouage n’est qu’un petit écart. Et puis, … c’est une jeune fille sensible. Elle a pris sa décision après avoir rencontré Mr Styx …Elle lui a affirmé qu’elle ne continuerait pas à alimenter son commerce de peau humaine.

Val et Tom s’échangent un regard avant que Val ne pose la question suivante :

- Comment expliquez-vous qu’elle ait fait une exception pour Carrie F., la jeune femme assassinée ?
- Il n’y a qu’une raison à mon avis. La peau de cette jeune femme devait être exceptionnelle.

Tom et Val hochent la tête dans un même mouvement.

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Enquête_18

Posté par enquetevic le 2 décembre 2009

De retour au commissariat, ils s’aperçoivent en relisant leurs notes que cette dernière visite a été la plus fructueuse. Tous les alibis restent à vérifier mais, à ce stade de l’enquête, aucun suspect ne se détache à part peut-être Mr Styx. De toute évidence, le commanditaire du crime n’a pas agi lui-même, il a sans doute confié le travail à des professionnels. Il en a profité pour se procurer par la même occasion un alibi.
- Bon, il nous reste les chirurgiens.
- Ouais.
        Ils établissent à l’aide d’un annuaire professionnel, une liste de chirurgiens plastiques à la fois compétents pour ce genre d’opération et disposant d’une clinique privée nécessaire pour conserver l’anonymat du commanditaire. Après de nombreuses heures de conversations téléphoniques composées de menaces, cajoleries et autres mensonges, ils parviennent à rassembler une vingtaine de noms. C’est fou comme la chirurgie esthétique prospère dans cette ville, si l’on se fie au nombre de chirurgiens assez riches pour posséder leur propre clinique. Ils se partagent les différents médecins. Une fois les rendez-vous pris et l’élimination de cinq d’entre eux pour cause de vacances, congrès, maladie, décès et mariage au moment des faits, ils partent chacun de leur côté pour s’occuper des rescapés en se donnant rendez-vous pour la fin de la journée. Ils se séparent rarement quand il s’agit d’interroger les témoins ou les suspects mais ce ne sont que les premières entrevues qui doivent servir de sondage. De plus, ils ne peuvent faire autrement : en interrogeant chaque personne ensemble ils auraient besoin de deux fois plus de temps. Ce ne serait pas la partie la plus marrante de leur travail. Mais selon Tom, dès que leur chef apprendrait que la fille d’une grosse légume était impliquée, il leur donnerait tous les hommes nécessaires.
Connaissant le courage de leur commissaire, il était fort probable que cela arrive.

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Enquête_19

Posté par enquetevic le 2 décembre 2009

Grâce à son sens de l’organisation (et à son charme), Val est de retour avant Tom. Elle s’installe à son bureau pour taper le rapport sur les entrevues qu’elle vient d’avoir avec les chirurgiens de sa liste. Cette enquête tournait à la routine policière : vérifier les emplois du temps, interroger ceux qui ne peuvent justifier certains trous, leur faire avouer la raison de leur absence, en général une visite à leur maîtresse, jusqu’à trouver celui qui a opéré. Après ce sera facile : il finira par parler et pour cela ils utiliseront les moyens habituels : menaces, gentillesses, manipulations…et à la fin, le suspect donnera tous les noms nécessaires.
Val ne tape plus son rapport. Elle réfléchit à cette affaire et les suites possibles. Elle ne pensait pas que cela prendrait beaucoup de temps, surtout si leur chef se décidait à mettre toute l’équipe sur l’affaire. Cela ne lui apporterait pas non plus de bénéfices pour obtenir le poste d’inspecteur-chef qu’elle convoitait. Non, même si un des témoins de l’affaire se trouvait être la fille du Commandant O’Royan, cela ne lui servirait à rien. La Légende déteste les flics ambitieux : « Ils oublient qu’ils sont au service de la Justice pour croire que la Justice est à leur service ». Une idéaliste, comme Tom. Toutefois, Val concédait que son partenaire pouvait être très utile pour interroger les témoins : avec lui, ils finissaient toujours par se mettre à table. En bref, ils formaient tous les deux une variante acceptable du couple du gentil et du méchant flic.
        L’attitude de Tom vis-à-vis de Vic l’avait étonnée néanmoins : trop protecteur pour un flic. D’ailleurs Vic savait se défendre sans lui. Val avait beaucoup aimé comment cette gamine avait remis à sa place un Tom un peu trop vieux-jeu. Elle pensait qu’ils perdaient leur temps avec elle, elle ne constituait pas à ses yeux un point important de l’enquête. Grâce à son ami, Val savait que Vic n’avait pas cherché à savoir ce que Carrie devenait après son séjour à l’atelier. S’attarder sur cette gamine plus longtemps est inutile. Il vaut mieux se concentrer sur le médecin.

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Enquête_20

Posté par enquetevic le 2 décembre 2009

Autour d’elle, ses collègues
s’agitent, parlent, vont et viennent, entrent et sortent. C’est
l’heure de la relève : les équipes s’échangent
les informations de la journée et les consignes pour la nuit.
Tom l’appelle pour lui dire de ne pas l’attendre et qu’ils
feront le point le lendemain matin. Un des chirurgiens ne peut pas le
recevoir avant huit heures, et il sera trop tard après pour
qu’il passe au commissariat. Val accepte. Ainsi, elle pourra
rentrer plus tôt. Dès qu’elle aura fini son rapport,
elle ira chez elle, prendra un bain et peut-être sortira avec
des amis qui ne font pas partie de la Police. Elle discutera comme
n’importe qui de politique, de cinéma en buvant un verre
dans un bar sympa. Elle oubliera ce commissariat, ces murs sales, ces
hommes, leurs gestes, leurs voix, leurs odeurs. Elle se repenche sur son rapport. Cette enquête
finira par se résoudre.
 

            Parmi
tous les médecins qu’elle a rencontrés, certains correspondent à
celui qu’ils cherchent. A ce stade de l’enquête, il est
difficile d’avoir une certitude mais s’ils obtiennent
l’autorisation de vérifier les comptes en banque des plus
suspects, ça ne traînerait pas. Et plus vite l’enquête
serait finie, moins ils subiraient de pression et plus vite Val
pourrait se concentrer sur la suite de sa carrière. Elle
sourit à cette idée. Il existait des flics qui ne
demandaient qu’à travailler avec elle. Elle avait su se
faire apprécier d’autres policiers et elle ne s’inquiétait
pas de leur appui. Le plus difficile serait de choisir son nouveau
service. Elle aimait bien la criminelle : après tout,
c’était un service prestigieux. Elle laissait les petits
voyous aux flics comme Tom.

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